Il était une fois... Jérémie

 
 

Auriez-vous eu le courage de recueillir un très jeune sans-abri ?


C'est ce que Matis, jeune avocat, a décidé de faire.


Voyez tout ce que cela lui a occasionné en joie et en problèmes ! Vous serez servis !

Devenu avocat



À la fin de ses études universitaires, maintenant devenu avocat, il joignit le bureau de son père déjà prospère. Il décida qu’il se spécialiserait dans les divorces et les malheurs qui pouvaient arriver aux enfants. En fait, il s’instituait protecteur de la veuve et de l’orphelin.


Son père lui offrit un superbe bureau dont la vue donnait sur le magnifique Saint-Laurent puisque l’entreprise se situait dans le Vieux Port. Le père gardait cet emplacement pour son fils.


Certains avocats connaissaient Matis depuis qu’il était tout petit. D’autres l’ont connu alors qu’il était à l’Université lorsqu’il venait y faire des stages.


Tous l’aimaient bien à l’exception d’une avocate du nom de Carla Robinson. La seule avocate de la maison DE GAGNÉ, SAVARD et DONELLO.


Parmi tous ces hommes, plus ou moins macho possédant un égo impressionnant, elle tentait de se faire une place. Ce qui n’était pas facile puisqu’elle n’était pas associée, loin de là. Mais elle avait de l’ambition et désirait plus que tout être admise en tant que tel.


Elle voyait d’un mauvais œil la venue de Matis De Gagné, fils du principal actionnaire et grand patron. Ce charmeur lui déplaisait au plus haut point. Elle ne l’avait jamais aimé du fait qu’il ne semblait pas lui porter beaucoup d’attention.


De son bureau moyen, mais bien disposé dans le centre du bâtiment, elle l’avait décoré selon sa personnalité de façon à impressionner. Tout en gardant un côté conservateur, elle y était allée d’une touche féminine dans sa décoration.


Certes, il y avait un grand bureau, un portable, un téléphone, des livres de loi, des fauteuils en cuir fauve, quelques tables mais on retrouvait des rideaux de dentelle, des coussins colorés, des fleurs exotiques, des figurines de porcelaine fine et des peintures aux couleurs douces et rêveuses. 


N’étant pas pauvre, son père, Charles, lui-même avocat, l’avait envoyée travailler chez Emmanuel De Gagné pour qu’elle apprenne son métier.


Emmanuel et Charles, dès leur bas âge s’entraînaient à se défier l’un l’autre dans des courses de tricycles, faisaient les quatre cents coups à vélo. Puis ils draguaient les filles en auto avec toute l’énergie de leur jeunesse pour finir copains sur les bancs universitaires.


Travailleuse et ambitieuse, Clara ne comptait pas ses heures en tant qu’avocate payée. Elle se devait de facturer afin de rentabiliser le commerce, parce qu’un bureau d’avocat est un commerce qui doit être rentable.


Elle travaillait là depuis deux ans lorsque Matis entra et prit le plus beau des bureaux vacants alors qu’elle le voulait.


Pas vilaine pour deux sous, Clara en montrait. Élégante dans ses costumes signés qui épousaient à la perfection son corps fin et longiligne. Elle portait presque toujours ses cheveux blonds relevés sur le sommet de sa tête.


Ses grands yeux noisette recouverts de longs cils retenaient l’attention des gens lorsqu’ils la regardaient. À eux seuls, ils concédaient la beauté à ce visage étroit aux pommettes hautes et saillantes et au nez pointu. En dépit d’une bouche un peu grande, la restauration de sa dentition maintenant parfaite, faisait oublier ce détail.


Quant à son caractère, il se faisait envieux, sujet à la mauvaise humeur, charmeur lorsqu’un sourire l’habillait, batailleur et un peu mesquin. Elle attirait aisément les hommes mais les femmes ne l’aimaient pas naturellement.


Sa meilleure amie, qui était tout le contraire d’elle, la reprenait de temps en temps afin de la remettre sur les rails. C’était la seule personne de qui elle acceptait certains reproches.


Une certaine noblesse se dégageait physiquement d’elle. On se retournait sur son passage. Elle impressionnait par sa démarche assurée et ses magnifiques vêtements haute couture. Tout ce qu’elle portait lui seyait, son goût très sûr y voyait.


Clara, ambitieuse, travaillait bien. Forte de tempérament, elle ne lâchait pas facilement et remportait des victoires par son acharnement.


Le bureau la respectait même si Pedro et Christian ne la félicitaient pas suffisamment. Par contre, Emmanuel, qu’elle avait toujours considéré comme son oncle, n’y manquait jamais lorsqu’elle rapportait un bon contrat.