Les Grands Froids L’Histoire sous un autre angle

 

Les Grands Froids est un livre rafraîchissant, c’est le moins qu’on puisse dire.


Écrit en 1880, dans les débuts de la période scientifitque, mais plus près de l’histoire ancienne.


On y retrouve des évènements qui vous en apprennent sur l’évolution.


Quels moyens avaient-ils à cette époque ? Découvrez-les à travers ces histoires rafraîchissanttes.

Sommaire



Introduction

L’action du froid sur l’homme

L’action du froid sur les animaux

L’action du froid sur les plantes

La neige

Les inondations

La glace

L’épaisseur de la glace

Les débâcles

Les effets divers du froid

Description des régions polaires

Voyages dans les régions polaires

La faune et la flore des régions polaires

Les habitants des régions polaires

Le froid dans les montagnes

Les grands hivers français avant 1709

Le grand hiver de 1709

Les hivers de 1709 à 1830

Le grand hiver de 1830

Les hivers de 1830 à 1879

Les températures du grand hiver (1879-1880)

1879 - La neige, le verglas et la prise des rivières

Le dégel et les débâcles

Les causes du froid

Les divers climats

Les variations de climat

La périodicité des grands hivers

La prévision du temps




L’action du froid sur l’homme


...


La mort par le froid, si souvent constatée, est une véritable asphyxie. Elle a pour cause principale l'arrêt de la respiration par suite de la rigidité des muscles.


Les asphyxies par le froid sont si fréquentes que chacun peut se trouver en présence d'un de ces accidents, et doit connaître les soins à donner. Nous ne pouvons mieux faire que de copier ici la méthode de traitement publiée au milieu de ce siècle par le conseil de salubrité de la Seine.


Cette instruction, parfaitement conçue, est relative à toutes les sortes d’asphyxies. Elle devrait être connue de tous. Nous n'en transcrirons que les passages relatifs à l'asphyxie par le froid :


1º On portera l'asphyxié, le plus promptement possible, de l'endroit où il aura été trouvé au lieu où il devra recevoir des secours. Pendant ce transport, on enveloppera le corps avec des couvertures, ou, à défaut de couvertures, avec de la paille ou du foin. On laissera la face libre. On évitera aussi d'imprimer au corps, surtout aux membres, des mouvements brusques.


2º Dans l'asphyxie par le froid, il est de la plus haute importance de ne rétablir la chaleur que lentement et par degrés. Un asphyxié par le froid qu'on approcherait du feu, ou que, dès le commencement, on ferait séjourner dans un lieu échauffé, même médiocrement, serait irrévocablement perdu. Il faut, en conséquence, le porter dans une chambre sans feu, et là lui administrer les premiers secours que réclame sa position.


3º Si l'asphyxie a eu lieu par un froid de plusieurs degrés au-dessous de zéro, et que le malade conserve de la souplesse, on le déshabillera et l'on couvrira tout le corps, y compris les membres, de linges trempés dans l'eau froide, qu'on rafraîchira encore en y ajoutant des glaçons concassés.


4º Si le corps était tellement frappé par le froid qu'il fût dans un état de rigidité prononcée, il y aurait avantage à le plonger dans une baignoire contenant assez d'eau pour que le tronc et les membres en fussent couverts. Cette eau devra être aussi froide que possible, et l'on en élèverait la température par degrés de dix en dix minutes.


5º Lorsque les membres auront repris leur souplesse, on fera exécuter à la poitrine et au ventre des mouvements dans le but de provoquer la respiration. On continuera en même temps des frictions sur le corps et les membres, soit avec de la neige, si l'on a pu s'en procurer, soit avec des linges trempés dans de l'eau froide.


6º Lorsque l'asphyxié commence à se réchauffer, ou qu'il se manifeste quelques signes de vie, on doit l'essuyer avec soin et le placer dans un lit qui ne soit pas plus chaud que le corps lui-même. Il ne faut pas non plus allumer du feu dans la pièce avant que le corps ait recouvré entièrement sa chaleur naturelle.


7º Aussitôt que le malade peut avaler, on peut lui faire prendre un demi-verre d'eau froide dans laquelle on ajoute une cuillerée à café d'eau de mélisse, d'eau de Cologne ou de tout autre spiritueux.


8º Si, au contraire, l'asphyxié avait de la propension à l'engourdissement, on lui ferait boire de l'eau vinaigrée, et si cet engourdissement était profond, on administrerait des lavements irritants avec de l'eau salée ou avec de l'eau de savon.


Il est utile de faire remarquer que, de toutes les asphyxies, l'asphyxie par le froid est celle qui laisse, selon l'expérience des pays septentrionaux, le plus de chances de succès, même après douze à quinze heures de mort apparente.


Mais, d'un autre côté, cette asphyxie exige aussi, plus que toute autre, une grande précision dans l'emploi des moyens destinés à la combattre, notamment dans le réchauffement du malade.